A quoi ressemble un vrai mouvement ? - par Ed Stetzer

10 Nov 2014

Les trois étincelles dont chaque mouvement a besoin

Les mouvements que l'ont voit aujourd'hui sont compliqués à décrire, mais le mot lui, n’a jamais été aussi populaire !

Les gens font sans cesse référence à eux-mêmes comme étant « un mouvement pour un changement global » ou « un mouvement d'implantation d'églises ». Cependant, si nous sommes honnêtes, ce n'est en général pas le cas.

Tu ne devrais même pas t’autoriser toi-même à proclamer un mouvement.

Tu ne devrais même pas t’autoriser à proclamer toi-même un mouvement. C'est comme dire que tu es intelligent ou que tu es beau. Comme le dit la Bible, « que ce soit un autre qui fasse ton éloge, et non ta bouche, un étranger, et non tes lèvres » Proverbes 27, 2.

Si c'est ainsi, pourquoi tant de gens se rangent-ils dans un mouvement ? Parce qu'ils veulent faire partie de l'un d'eux. Je reconnais ce désir parce que je le partage. Je suis en recherche de mouvements.

J'en veux un. C'est un besoin pour tous. Cependant, seul Dieu peut créer un mouvement. Cela implique son travail divin et souverain mais, d'après mes observations en Histoire et celles sur le monde d'aujourd'hui, il semble vraiment qu'il y ait des caractéristiques reliées à de tels mouvements.

Dans les églises virales (Viral Churches), on parle beaucoup des « mouvements de multiplication d'églises » (churchmultiplicationmouvement) et une partie de mon article reflète cela. Mais aujourd'hui, j'aimerais parler des mouvements en général.

Seul Dieu peut créer un mouvement.

La question incontournable est : qu'est-ce qu'il faut pour en démarrer un maintenant ? Voici trois choses dont, je pense, nous avons besoin pour faire jaillir un mouvement :

 1. Il faut des hommes et des femmes déraisonnables

Les gens qui sont satisfaits ne créent pas de mouvements. Au contraire, ces derniers trouvent leur origine chez des gens avides qui sont à la recherche de quelque chose de différent. Les mouvements viennent de ceux qui progressent dans leur engagement.

George Bernard Shaw, dramaturge et socialiste irlandais, a dit un jour : « l'homme raisonnable s'adapte au monde, le déraisonnable persiste à essayer d'adapter le monde à lui-même. En conséquence, tout progrès dépend de l'homme déraisonnable. » Il a raison, d'une certaine manière.

Je dirais que lorsque les femmes et les hommes laissent leur foi être dominée par le monde, ils finissent avec une « religion sympa », et sont désintéressés par les problèmes mondiaux tels que l'évangélisation globale, la pauvreté dans le monde et l'injustice. C'est pourquoi j'aime les gens passionnés. Il faut que leur nombre augmente, pas qu'il diminue.

Nous avons tous besoin d'une cause qui nous dépasse.

Le christianisme a besoin de gens déraisonnables qui sont insatisfaits du status quo et qui refusent de se contenter du mode de vie et de l'église actuels. Nous avons tous besoin d'une cause plus grande que nous-mêmes, ce qui peut nous conduire à l'action avec une sainte insatisfaction.

 2. Il faut des églises qui aient un désir de sacrifice

Considérer le Royaume comme plus important qu'une église individuelle exigera des sacrifices, mais c'est cela qu'un mouvement signifie. Pour beaucoup d'églises qui essaient simplement de garder la tête hors de l'eau, c'est cependant quelque chose de bizarre. A la place d'avoir une vision pour le Royaume, ils ont une vision pour leur survie.

Un mouvement a besoin d’églises qui croient tellement en leur mission et en leur cause qu'elles sont prêtes à se sacrifier pour elles : au niveau financier, au niveau du nombre et des membres. Elles ont le désir de donner et d'avancer. Les églises qui font partie d’un mouvement sacrifieront des gens pour envoyer des missionnaires autour du monde et des implanteurs d'églises à travers la nation.

Tout le monde veut faire partie d'un mouvement, du moment que quelqu'un d'autre en paie le prix.

Tout le monde aime l’idée d’un mouvement, du moment que celui-ci a l’air super et qu'il y a un faible prix à payer. Le prix à payer d'un vrai mouvement est ardu, mais ceux qui en font partie reconnaîtront sa valeur incommensurable.

 3. Il faut multiplier les disciples.

C'est tellement basique qu'on peut passer à côté mais il n'y a rien de plus essentiel. Le fait est qu'aucun disciple ne souhaitera être déraisonnable et aucune église ne souhaitera se sacrifier à moins que des disciples profondément engagés ne soient impliqués.

Le discipulat est l'ADN du « Christianisme en mouvement » (movementalChristianity). C'est la fondation de tout ce que Jésus nous appelle à faire, ce qui explique pourquoi c'est le centre de la mission de Dieu.

Les disciples sont déraisonnables parce qu'ils veulent que le monde entende parler de Jésus et qu’il vive en étant transformé par la puissance de l'évangile. Les disciples attendent que leurs églises se sacrifient, pour le bien commun de l'évangile.

Aucun mouvement chrétien ne peut voir le jour sans discipulat.

Quand nous avons étudié le discipulat dans le cadre de notre initiative “Le discipulat transformationnel” (TransformationalDiscipleship), nous avons été frappés du nombre de pasteurs qui pensait faire des progrès dans leur discipulat, sans même évaluer celui-ci. Malgré le fait que nous ayons très peu de disciples motivés, et très peu d'églises qui se sacrifient, la grande majorité était à l’aise par rapport à ses progrès dans le discipulat.

Il y a quelque chose qui ne va pas.

Aucun mouvement chrétien ne peut voir le jour sans discipulat. C'est impossible.

Conclusion

À partir de là, que doit-il se passer et que faut-il changer ? Eh bien, une quantité de choses, mais j'aimerais suggérer une idée majeure pour l'instant : Soyez insatisfaits.

Commencez avec une passion déraisonnable et sacrificielle pour le discipulat afin que les gens “ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux.” (2 Corinthiens 5, 15)

Voilà l'étincelle d'un mouvement dont tout le monde parlera.

 

Version originale - 8 Juillet 2013 – Edstetzer.com

Traduit par l'équipe du blog