« Prenons au sérieux notre appel à suivre Jésus » - Interview de David Platt, en 4 parties, publiée sur le site Notreeglise.com (partie 2/4)

12 Mar 2015

Vous dites que de nombreux chrétiens se bercent « d’illusions dangereuses » à propos de ce que signifie véritablement être chrétien et que « beaucoup d’hommes et de femmes sont aujourd’hui persuadés d’être sauvés de leurs péchés alors qu’ils ne le sont pas ». Comment peut-on déterminer qui est véritablement chrétien et qui ne l’est pas ?

La Bible nous fournit de nombreuses indications qui permettent de déterminer si quelqu’un est ou non un disciple de Christ. Néanmoins, je ne suis pas en train de dire qu’il nous faudrait accomplir certaines actions pour être sauvés ou pour gagner la faveur ou l’amour de Dieu. Ce serait dévier complètement du message central du christianisme. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu consacrer le début du livre, notamment le deuxième chapitre, à la grâce qui se trouve au cœur du christianisme : ce que Dieu fait pour nous et que nous n’aurions jamais pu accomplir pour nous-mêmes.
Lorsque la grâce est à l’œuvre, le Dieu de l’univers s’abaisse vers nous et vient toucher notre âme au plus profond, pardonne nos péchés et nous remplit de son Esprit. En conséquence, notre vie sera radicalement différente. Notre manière de penser sera différente. Ce que nous désirons sera différent. La façon dont nous vivons sera différente.

Bien sûr, il s’agit d’un processus. Personne n’est parfait. Le processus ne sera jamais achevé jusqu’à ce que notre vie prenne fin et que nous soyons glorifiés avec Dieu au ciel. Mais le processus est bel et bien en route. C’est de cela que parle Jésus en Matthieu 7. Il parle des fruits qui se manifestent dans notre vie. Un bon arbre porte des bons fruits, un mauvais arbre porte de mauvais fruits. En 2 Corinthiens 13.5, Paul nous exhorte à nous examiner nous-mêmes, à nous éprouver nous-mêmes pour voir si nous sommes dans la foi. L’auto-évaluation revêt une place importante dans nos vies. Néanmoins, le danger de l’illusion spirituelle est tel que nous tournerons les choses à notre avantage. Il n’est pas étonnant que l’ennemi utilise la tactique de la tromperie pour convaincre des personnes qu’ils appartiennent au royaume de Dieu alors que cela est faux.

Comment peut-on avoir l’assurance du salut sans tomber soit dans le christianisme culturel, soit dans un christianisme « confortable » ?

La première épître de Jean nous fournit des réponses claires au sujet de l’assurance du salut. Croyons-nous en la vérité énoncée par Christ ? Vivons-nous l’amour de Christ ? Marchons-nous selon les paroles de Christ ? Voilà les questions que la Bible nous encourage à nous poser.
J’essaie de montrer ce qui se passe lorsqu’une personne devient un disciple de Jésus. Comment cela se manifeste-t-il ? Dans ce livre, je tente d’analyser pas à pas la transformation intérieure qui débute au moment où nos péchés sont pardonnés et que nous sommes remplis du Saint Esprit. Nous commençons à penser différemment. Nous commençons à désirer différemment. Nous commençons à vouloir ce que Dieu veut. Nous commençons à vivre différemment. C’est une bonne chose, puisque nous croyons que Jésus sait ce qui est le meilleur pour nous. Nos relations commencent à changer elles-aussi. Nous réalisons à quel point la communion avec ceux qui croient est importante, à quel point l’église est essentielle. Et nous manifestons une volonté grandissante d’annoncer l’Évangile à ceux qui ne connaissent pas Christ.
Ce sont là tous les effets domino qu’engendrent le pardon de Christ et son Esprit qui vient habiter en nous. Cela s’applique à tous les chrétiens, pas juste à des chrétiens d’exception. Voilà ce que signifie être un chrétien, un disciple de Jésus : cela passe par la transformation de nos pensées, notre cœur, nos désirs, notre volonté, nos relations et le sens de notre vie.

Vous vous êtes rendus plusieurs fois en Inde et en avez conclu que « 597 millions d’hindous, de musulmans, de bouddhistes et de sikhs autour de [vous] iront en enfer s’ils ne mettent pas leur confiance en Jésus ». Quelle importance la doctrine de l’enfer devrait-elle revêtir lors de l’annonce de l’Évangile ?

La doctrine de l’enfer sous-tend toutes choses. L’évangélisation est la proclamation nécessaire de l’Évangile parce que les gens sont perdus sans Christ, qu’ils sont séparés de Dieu et qu’ils ont besoin d’un Sauveur qui les rachète, c’est une réalité. Notre éternité dépend de ce que nous faisons du salut que Dieu nous offre par Jésus-Christ. Chaque être humain sur cette terre se retrouvera soit en enfer pour l’éternité, soit au paradis pour l’éternité. Si cela est vrai, nous voudrons sans aucun doute que les personnes autour de nous le sachent. Nous ne voudrons pas cacher cette réalité, éviter d’en parler ou en avoir honte.
La doctrine de l’enfer ne devrait toutefois pas être la seule chose qui nous pousse à évangéliser. Notre motivation ultime, c’est la gloire de Dieu. Dans le nord de l’Inde, on adore toutes sortes d’autres dieux. Je crois en la Bible, et je crois qu’il n’y a qu’un seul Dieu qui est digne d’adoration. Plus que tout, je veux annoncer à cette population combien Dieu est bon et grand afin que toute la gloire lui revienne, sachant que Dieu se glorifie également en sauvant les pécheurs.

Il n’est pas nécessaire que l’enfer soit notre fil rouge lorsque nous annonçons l’Évangile. Certaines situations peuvent l’exiger, mais lorsque j’annonce l’Évangile, je cherche toujours des moyens de bâtir des ponts entre les personnes que je rencontre, leur vie et leur vision du monde, et la réalité de qui est Dieu, qui est l’homme et qui est Christ, le seul chemin vers le salut.

Interview réalisée par Christianity Today. Traduit en français avec leur aimable autorisation. Un grand merci à Corinne Banziger et Laurent Huguet pour la traduction. Merci à notreeglise.com sur lequel vous pouvez retrouver cette interview.