Pour un meilleur discipulat - par Ed Stetzer

10 Nov 2014

5 visions erronées sur le discipulat et le moyen de les corriger 

On parle beaucoup de discipulat de nos jours, et il est temps de le faire. Il semble que Jésus considérait le discipulat comme quelque chose de très important. Il le présentait comme le cœur - et le verbe- de la grande commission "de toutes les nations faites des disciples".

Cependant, il semble que le discipulat traverse des temps difficiles dans beaucoup d'églises occidentales. C'est le cas, par exemple, dans des pays anglophones tels que les États-Unis, le Canada, l'Australie et l'Angleterre où les chrétiens ne sont pas aussi demandeurs ni aussi engagés que leurs sœurs et frères en Christ dans les Deux-Tiers monde.

J'irais jusqu'à dire que notre modèle de discipulat est brisé. J'aimerais suggérer quelques domaines dans lesquels nous sommes brisés et, je l'espère, apporter des solutions qui permettent d'y remédier.

1. Nous assimilons le discipulat à la connaissance religieuse

Je suis convaincu que quelqu'un ne peut pas grandir correctement sans rechercher davantage de connaissance biblique ; mais, souvent, les croyants réduisent le processus de discipulat à la chose suivante : "Lis ceci. Étudie ceci. Mémorise ceci. Ça, c'est fait." C'est malheureux.

Au contraire, le discipulat signifie être plus comme Jésus. L'objectif est de devenir semblable à Christ, puisque nous sommes censés "être semblable à l'image de Son fils, afin que Son fils fût le premier né entre plusieurs frères." (Romains 8:29). Il ne s'agit pas de s'informer, mais de devenir semblable à Christ. Et cela signifie qu'il ne s'agit pas de connaissance en général, mais de mieux connaître Jésus. Essayer d'être comme Jésus, sans la puissance de Jésus, revient à déshonorer Jésus.

2. Nous essayons de programmer le discipulat

Le discipulat n'est pas un parcours de six semaines. Cela requiert à la fois la poursuite de la connaissance et l'action intentionnelle. Trop de gens proposent un livre ou un cours alors que ce dont on a besoin est une vie.

Au contraire, quand Jésus forma les disciples, il les emmena avec lui tandis qu'il remplissait son ministère auprès des gens. J'enseigne actuellement un jeune converti et nous sommes dans le ministère ensemble. C'est mieux que de seulement lui en parler. La bonne nouvelle, c’est que les recherches nous montrent que c'est bien cela que les gens veulent. En fait, lors d'une récente étude de LifeWay Research, nous avons découvert qu'une grande majorité de ceux qui ont auparavant fait partie d'un petit groupe de ce genre, mais qui n'en font plus partie désormais, envisageraient de rejoindre un nouveau groupe. Cependant, une seule réunion par semaine, lors de l'étude biblique, n'est pas suffisante pour eux ; ils ont le désir de se réunir plus souvent. Les gens recherchent des relations significatives et de partage, et pas seulement un cours de discipulat.

3. Nous ne faisons pas la différence entre le discipulat et notre prédication

Je vais simplement le dire : Pasteurs, oubliez votre arrogance et arrêtez de penser que votre prédication suffit à être la stratégie de discipulat de l'église. Je ne suis pas le seul à penser cela. Des recherches récentes menées par LifeWay Research indiquent que 56% des pasteurs interrogés croient que leur message hebdomadaire, ou un autre de leur temps d'enseignement du dimanche soir/mercredi soir, représente le ministère de discipulat le plus important dans l'église.

Bien qu'il soit formidable de voir le récent renouveau d'enseignements centrés sur la Bible, nous devons en même temps nous débarrasser de l’idée suivante : "si les gens écoutent mes messages, ils grandiront spirituellement."

Au contraire, le discipulat est un processus quotidien. Pasteurs, nous devons développer des plans de discipulat plus solides que nos messages hebdomadaires. Le discipulat n'est pas un événement du dimanche, c'est un engagement quotidien.

4. Nous pensons pouvoir grandir sans faire d'effort

Beaucoup pensent que Dieu les a sauvés et que, désormais, ils doivent juste aller à l'église et, peut-être, s'éloigner des péchés vraiment graves. Ils ne font rien pour grandir spirituellement.

Malheureusement, nous n'avons pas fait grand chose pour changer cela. Au contraire, nous devons comprendre l'Écriture qui enseigne que chaque personne devrait mettre "en œuvre" son "propre salut" (Philippiens 2:12), plutôt que d’être un spectateur passif. Le discipulat comprend chaque effort intentionnel du croyant. Oui, l'effort. Les croyants doivent prendre des mesures pour grandir, et cela ne s'oppose pas à la grâce.

Vous remarquez que ce passage ne dit pas "travaille à ton propre salut" ou "travaille vers" lui. Nous n'en sommes pas capables. C'est possible par la grâce et au moyen de la foi. Cependant, en tant que croyant, on fait des efforts pour grandir, mais cela ne nous fait pas gagner une relation avec Dieu ; cela nous place juste au bon endroit, là où Dieu peut nous faire grandir en tant que croyant qui a été sauvé par la grâce. Comme l'a expliqué Dallas Willard, "la grâce n'est pas opposée à l'effort, elle est opposée au dû".

5. Nous n'offrons pas un cheminement pratique

Pour changer une culture de « consommateurs » dans l’église, il faut élaborer un plan et une stratégie de discipulat. Nous élaborons souvent notre programme d'enseignements ; pourquoi, alors, ne le faisons-nous pas pour notre stratégie de discipulat ?

Vous n'avez pas à vous excuser simplement parce que votre désir est de pousser les gens à 1) grandir dans leur foi 2) être consistants dans la parole 3) faire partie d'un petit groupe avec d'autres, que cela ressemble à un groupe d'étude biblique hebdomadaire, à une équipe d’évangélisation, à un moment d'enseignement biblique, ou à quelque chose de complètement différent.

Donnez aux gens un chemin à suivre, et donnez-leur des personnes avec lesquelles ils puissent avancer.

Conclusion

Si votre plan de discipulat est biblique, les spécificités de votre plan, elles, ne sont pas aussi importantes que d'en mettre une en pratique et de bien la communiquer. Ce serait arrogant d’annoncer une stratégie comme la bonne façon de devenir un disciple. Cela dit, chaque église devrait définir sa stratégie d'apprentissage comme sa manière à elle de pratiquer le discipulat.

Identifier les défis d'un discipulat authentique et être consacré à un processus qui aide les croyants à y faire face, voilà les premiers pas nécessaires pour cultiver une église remplie de disciples en mission.

 

Version originale - 7 août, 2013 - Edstetzer.com

Traduit par l'équipe du blog