L'imitation pour aller au-delà de l'information - D'après TIM CATCHIM

21 May 2015

Karl Weick affirme1 que toute décentralisation productive est précédée d'une forte centralisation permettant d'inculquer les valeurs fondamentales nécessaires aux personnes impliquées pour choisir leur propre chemin de manière autonome.

Il met ici en avant un élément essentiel : quel que soit notre désir de voir l'Église décentralisée à des fins missionnaires, il n'y aura pas de décentralisation fructueuse sans une phase de centralisation permettant de poser au sein de la communauté les fondations nécessaires au mouvement.

Centralisés ou décentralisés ?

C'est ce que nous observons dans la vie de Jésus. Durant trois ans et demi, Jésus donna aux douze l'exemple de ce que le discipulat, la communauté et la mission sont vraiment. Lorsqu'il fut temps pour les disciples de se lancer dans une mission décentralisée visant à faire des disciples, ils avaient reçu l'entraînement et les outils nécessaires. Il n'est pas possible d'en arriver aux Actes sans passer par les Évangiles. Et il est impossible de parcourir les Évangiles sans passer par l'école du discipulat.

Aujourd'hui, beaucoup tentent d'initier des décentralisations sans avoir posé une solide fondation de discipulat. En procédant ainsi, le risque d'échec total est grand. Cette démarche aboutit souvent à la création d'un groupe de personnes désenchantées, ne sachant que faire pour aller de l'avant. Décentraliser avant la mise en œuvre du discipulat conduit à la dispersion ; la décentralisation après le discipulat génère le mouvement.

L'imitation est le chaînon manquant

Beaucoup d'Églises sont engagée dans une démarche de centralisation qui n'est pas celle que le Seigneur-Jésus envisageait. Au lieu d'attirer les attentions sur les principes de base et l'accompagnement du disciple, elles se consacrent à l'enseignement et à l'information. La vie de disciple et la mission sont placées en retrait par rapport à la prédication et la musique. Les leaders se contentent d'exhorter à s'engager dans des pratiques missionnaires ; ils veulent que ceux à qui ils s'adressent aient une pratique missionnaire spontanée sans exemple de leur part.

Or les hommes font ce que leur proposent des modèles. Si l'on se contente de leur donner des informations puis de les exhorter à un travail missionnaire, ils identifieront donc la mission avec le fait de délivrer des informations... relatives à un rassemblement centralisé dans lequel sont reçues d'autres informations...

Le chaînon manquant est le principe d'imitation. Afin que j'apprenne comment être disciple, comment faire des disciples, il me faut un modèle vivant ces éléments dans sa propre vie.

Elle se base sur l'information, conduit à l'imitation avant d'atteindre l'innovation. La centralisation a lieu au cours des deux premières phases. La décentralisation intervient lorsqu'on s'approche du bord en développant de nouvelles formes de rassemblement. L'ordre de ces étapes est critique pour faire émerger un mouvement de décentralisation fructueux. Dans beaucoup de cas, l'élément manquant est la phase d'imitation durant laquelle un leader illustre pour ses proches ce que sont un disciple et la vie missionnaire.

Si l'objectif est une décentralisation poussant ceux qui la suivent à créer les innovations adaptées à leur environnement, il faut consacrer du temps et de l'énergie à mettre en évidence les schémas du ministère du Seigneur-Jésus. Ceux qui prennent le temps, comme Lui, de développer une « culture de la discipline », obtiendront ce qu'Il obtint : un mouvement. Si nous voulons poursuivre le mouvement du Seigneur, il nous faut travailler commeLui ; il n'y a pas d'alternative.

Tous peuvent créer un mouvement, mais celui-ci sera durable si ses leaders sont et font des disciples qui font eux-mêmes des disciples. L'imitation est une condition nécessaire par laquelle l'existence d'un mouvement fructueux doit passer.

Vous pourrez retrouver l'article dans son intégralité sur :http://gcdiscipleship.com/imitation-getting-beyond-information-based-dis...