« L’essentiel dans l’Église: Apprendre de la vigne et de son treillis » (AM N° 147)

13 Nov 2014

Derrière ce titre – avouons-le malheuresement un peu terne et pas très explicite – se cache un livre qui en vaut le détour. Les deux auteurs australiens rappellent que le mandat missionnaire, donné par Jésus aux disciples de tous les temps, conduit à comprendre : « Être disciple, c’est avoir vocation à faire de nouveau disciples ». Si chaque chrétien reçoit et expérimente des dons eet des ministères différents, tous ont néanmoins pour mission de faire des disciples de Christ.

Fort bien. Mais qu’est-ce qu’on fait, concrètement, hic et nunc ? C’est ici que réside tout l’interet de ce livre qui, pétri de sens pratique et de réalisme, nous encourage à aller à l’essentiel. L’essentiel ce n’est pas les programmes d’Église ou les structures, mais la vigne. C'est-à-dire le fruit spirituel dans la vie des personnes et les progrès de l’Evangile pour la croissance du Royaume.

Cependant, les auteurs ne tombent pas dans la caricature qui opposerait trop facilement la vie spirituelle de la vigne aux structures et programmes du treillis. Ils dépassent aussi les habituels appels, souvent un brin incantatoire « à l’équilibre » des deux. Ils proposent des pistes sérieuses, concrètes et exigeantes qui peuvent modifier en profondeur la vie de l’Église pour qui veut bien les pratiquer.

Tout en défendant avec raison l’idée – pas inédite dans nos rangs, j’espère – que tous les chrétiens sont des ouvriers dans la vigne, les deux auteurs abordent dans une partie importante du livre le rôle spécifique des ministères pastoraux. C’est ici que réside le principal apport du livre. Comment reconfigurer les divers ministères pastoraux des plein temps et autres responsables locaux, pour que ceux-ci deviennent des « catalyseurs », des « multiplicateurs » qui aident chaque chrétien à développer son potentiel de « faiseur de disciples » et sa propre maturité spirituelle ? Comment dépasser le rôle pastoral classique de « prestataire de service » voire de « pasteur PDG » pour devenir véritablement un pasteur-formateur ? Le schème de la page 107 par exemple, est bien conçu pour expliquer les différences et provoquer, si possible, des changements salutaire.

En résumé, les auteurs plaident en faveur d’une vision débarrassée des travers hélas souvent constatés. Ils encouragent à libérer la croissance de l’Église-vigne en changeant courageusement des habitudes qui s’apparentent quelque fois à des quasi-paradigmes :

  • Ne Maintenez plus les programmes à tout prix : édifiez les personnes, aidez-les à croître.
  • Ne passez plus tout votre temps à organiser des événements : former les personnes.
  • Ne sollicitez plus les personnes pour combler des trous : formez de nouveaux ouvriers.
  • Ne cherchez plus à résoudre tous les problèmes : aidez les personnes à progresser.
  • Ne soyez plus obnubilé par le ministère « à temps plein » : développez le travail en équipe.
  • Ne vous limitez pas à une structure d’Église « localiste ».
  • Ne vous reposez pas uniquement sur les instituts de formation : développez le potentiel de chacun sans attendre.

Résumé du livre par Daniel LIECHTI
Transmission originale en Action Missionnaire N° 147 (oct-nov 2014) de France Mission