Les cinq seuils de la conversion postmoderne

10 May 2016

Tiré de I Once Was Lost (Don Everts and Doug Schaupp, IVP, 2008), traduction libre Louise Georgel.

Quels sont les points communs sur le chemin de foi, les soi-disant seuils de la conversion postmoderne ?

Bien sûr ils peuvent y avoir des différences selon les personnes, avec des cadences différentes et ils sont toujours vécus dans le contexte réel de la vie d’une personne. Cependant il y a bien cinq changements significatifs qui se produisent chez les personnes quand elles viennent à la foi.

Première seuil, nos amis passent de la méfiance à la confiance. Quelque part sur leur parcours, ils apprennent à faire confiance à un chrétien. Mark gardait ses distances. Il n’avait pas confiance en nous les chrétiens. Ceci ne lui permettait pas de découvrir Jésus avec nous. C’était impossible pour lui de mettre de côté cette méfiance. Mais quelque chose de merveilleux et de mystérieux arriva. Et Mark franchit ce seuil.

Deuxième seuil, nos amis passent de la complaisance à la curiosité. Le fait de faire confiance à un chrétien ne veut pas nécessairement dire qu’ils s’intéresseront à Jésus.  Par exemple, Matthew, a commencé à faire confiance à un chrétien mais il est resté indifférent envers Jésus. Matthew réussissait et tout marchait pour lui et il n’avait aucune raison d’être intéressé par Jésus.  Mais quelque chose de merveilleux et de mystérieux arriva. Et Matthew franchit ce seuil.

Troisième seuil, nos amis passent du refus à tout changement dans leur vie à ouvert au changement dans leur vie.  Curieusement, c’est toujours ce seuil qui semble le plus difficile à franchir. Pas pour tous, mais pour une majorité. Adrian, par exemple, a commencé à faire confiance à quelques chrétiens et a posé des questions sur Jésus. Il était vraiment très curieux.  Mais il ne voulait pas du tout ramener cela à sa vie personnelle. C’était zone interdite. Mais quelque chose de merveilleux et de mystérieux arriva. Et Adrian franchit cette étape.

Quatrième seuil, nos amis passent de tourner autour de Jésus à le rechercher. Même quand nos amis deviennent curieux à propos de Jésus et ouvert au changement dans leur vie, cela ne signifie pas pour autant qu’ils commenceront activement et résolument à rechercher Dieu. Il est plus naturel pour eux d‘errer. Steve, par exemple, était très intrigué par quelques étudiants chrétiens (qu’il a rencontré dormant, dans des boites en carton afin de sensibiliser et récolter de l’argent pour les sans abris) qui lui ont parlé de Jésus. Steve a accepté leurs invitations pour assister à des études bibliques, pour les temps de louange et même à participer à un voyage missionnaire dans un autre pays. Mais il ne voulait pas nécessairement en arriver à des conclusions, ni chercher des réponses. Mais quelque chose de merveilleux et de mystérieux arriva. Et Steve franchit cette étape.

Cinquième seuil, chacun de nos amis n’a plus qu’un seuil à franchir. Ils doivent traverser le seuil du Royaume de Dieu.  Ils ont besoin de se repentir, de croire et de donner leur vie à Jésus. Beaucoup de personnes qui avancent bien sur le chemin de foi en apprenant à faire confiance à un chrétien, en devenant intéressées par Jésus, ouvertes à un changement personnel et même en ayant des réponses à leurs questions, ne deviennent pas forcément chrétiennes. Sarah aurait pu être une des ces personnes. Elle était intéressée par Jésus, aimait ses nouveaux amis chrétiens ainsi qu’aller à des conférences et aux études bibliques. Mais elle était une scientifique et ne pouvait s’imaginer devenir une personne de foi.  Du moins, pas sans preuves physiques. Mais quelque chose de merveilleux et mystérieux arriva. Et Sarah franchit cette étape pour rentrer dans le Royaume de Dieu.

Que faire avec ces seuils ?

Ces leçons fondamentales à propos de la conversion nous procure une liberté. En comprenant la mystérieuse nature du chemin, cela nous libère de l’activisme et nous conduit à une place d’humilité étonnante et à la prière. En saisissant la nature organique du chemin cela nous libère de la frustration d’utiliser une seule méthode d’évangélisation pour tous et nous autorise à nous engager sur les spécificités du chemin de chacun de nos amis. Nous pouvons maintenant regarder quelqu’un et se demander « Où en sont-il rendus sur ce chemin ? » Dès qu’on saura plus ou moins où ils se situent, on pourra d’autant plus comprendre leur situation. On pourra pleinement apprécier les richesses et l’importance de là où ils en sont.

Il y a quelques années, mon fils Mark Lee a commencé l’école et s’est heurta à un seuil difficile : franchir le cap de la lecture. Bien qu’il maitrisait l’alphabet, il n’arrivait pas à assembler les mots. Il regardait la première lettre d’un mot et devinait le reste. Il était frustré. Saurait-il lire un jour ? Cela semblait impossible. Personnellement, je ne me rappelle même plus de ce que c’est de ne pas savoir lire. Les mots ont immédiatement une signification et leur compréhension est tellement naturelle. Pourtant cela aurait été ridicule pour moi de lui dire « c’est quoi le problème ? Il suffit de lire ! »

L’apprentissage de la lecture ressemble à un seuil à franchir. Du coté de Mark, ce seuil semble intimidant et insurmontable. Il n’arrive pas à imaginer la vie de l’autre côté. Alors que pour nous, ce seuil semble facile à franchir, presque insignifiante. Les seuils spirituels que nos amis non chrétiens traversent aujourd’hui ressemblent à cela. De là où ils sont, le prochain seuil leur semble insurmontable, peu importe si à nos yeux il semble une évidence.