Être accompagnée puis accompagner - Séverine G.

1 Jan 2015

Je me suis convertie en 1998. Pendant quelques années, je me suis sentie seule dans un village et dans une région que l'on considère comme étant « pauvre spirituellement ». Je n'avais donc pas la possibilité de trouver des réponses à mes nombreuses questions, pas la possibilité de lire et de comprendre la Bible, pas la possibilité d'avoir quelqu'un à mes côtés pour pouvoir partager tout ce qui me pesait....J'étais seule ! (Même si je pense aujourd'hui, que ces années ont été bénéfiques parce qu'elles m'ont poussé dans les bras de Dieu et non dans celles des autres. Le risque est que l'accompagnant prenne la place de Dieu dans le cœur du disciple !). 4 ans après, le Seigneur permit que je déménage et que j'aille vivre dans un village où se trouve une Église. J'ai alors été accompagnée par un pasteur qui prit le temps de me rencontrer régulièrement, de m'écouter, de me préparer au baptême, de me conseiller au sujet de mes choix professionnels etc. Ne venant pas de famille chrétienne et ayant une année de disponibilité suite à l'échec d'un concours, il me conseilla de mettre une année de côté pour être bénévole auprès d'une œuvre chrétienne. J'ai alors été « nounou » à l'Institut Biblique de Genève puis plus tard, j'ai décidé de faire 4 ans d'études théologiques à l'Institut Biblique de Genève. Tout au long de ces années d'études et des stages pratiques, j'ai bénéficié de l'accompagnement de responsables spirituels. J'ai découvert aussi combien l'accompagnement d'une femme plus âgée que moi, en particulier, pouvait être précieux car on peut aller plus loin dans la relation : le partage est plus profond ! J'ai appris à m'ouvrir sans me sentir jugée en vue de grandir et de progresser. Et j'apprends encore aujourd'hui à écouter ses conseils et à considérer sa sagesse. Parce que le Seigneur a permis que je sente ce vide, cette solitude dans les premières années de ma conversion, parce que par la suite il a dans sa grâce placé à mes côtés des gens formidables qui ont su m'accompagner et me soutenir (que je fasse des erreurs ou non), j'ai décidé que je serai moi-même cet accompagnant pour toutes les jeunes filles qui auront des besoins et le désir de progresser dans leur marche avec Dieu ! J'ai eu l'occasion d'en accompagner quelques-unes et le fait encore aujourd'hui. Ma priorité est de leur laisser la place de s'exprimer, d'être vraies, de partager profondément sur ce qu'elles ressentent en leur montrant également mes faiblesses et mes luttes. Nous ne sommes pas parfaits mais trop souvent nous considérons les autres comme inférieurs à nous et nous les jugeons. Pour moi le discipulat commence par montrer ses faiblesses, ses erreurs, donner envie à l'autre de vivre une vie centrée sur Christ, de lui partager ce que le Seigneur a fait dans nos vies, de l'encourager dans la pratique de sa vie chrétienne et surtout de lui laisser le temps de grandir....

Séverine G., plein temps à Aix-En-Provence avec les CAEF.