Créer une culture communautaire dans l'Eglise – par Ed Stetzer

10 Nov 2014

Récemment, EricGeiger et moi-même avons écrit un nouveau livre qui est, selon nous, très important pour l'église. Le livre s'intitule Les groupes transformationnels (Transformational groups). Nous utilisons le mot « groupes » de façon générale, et pas seulement en référence [au groupe de jeunes ou groupe de maison]. Ça peut faire référence à tout type de stratégie de groupe que l’on utilise pour le discipulat, qu’il s’agisse de groupes de maison, de groupes de jeunes, d’équipes d’évangélisation, de l’école du dimanche ou de quelque chose de totalement différent. Nous sommes convaincus que l'église a tellement privilégié le culte de fin de semaine qu'elle a souvent négligé l'importance des groupes. C'est une tragédie parce que nous sommes certains que les groupes sont la volonté de Dieu, dans le but que nous formions des disciples.

Ci-dessous, j'ai inclus un extrait du livre. Il parle de la création d'une culture qui conviendrait à la communauté. Durant les prochaines semaines, je désire mettre en évidence quelques passages du livre qui, je l’espère, peuvent vous être utiles, et nous aideront à nous engager à nouveau en faveur des groupes dans nos églises.

La culture adéquate pour la communauté

Tant d'églises essaient de grandir en nombre. Elles consacrent beaucoup de temps, d'énergie et d'argent à leur poursuite d’agrandissement. L'église doit avoir comme priorité la communion fraternelle. Les partisans du “florissement” de l’église rappellent aux pasteurs que, plus l'église grandit, plus elle doit prioriser la communion fraternelle. Au cours de nos sondages, deux tiers des pasteurs nous ont avoué que, selon eux, le discipulat est plus efficace dans le un à un ou dans un groupe de moins de cinq personnes. Nous voulons que les gens soient rassemblés pour le culte, et ensuite en plus petits groupes ; mais nous voulons aller encore plus loin et faire en sorte qu’ils se réunissent par deux, pour qu'ils se soutiennent dans leur croissance spirituelle.

Lorsque nous écrivons au sujet des groupes, nous utilisons ce terme de façon générale. Il peut s'agir de groupes de maison, d’enseignements bibliques, de réunions d'adultes autour de la Bible, de cours d'école du dimanche ou de groupes de redevabilité. Nous accordons plus d’importance à ce qui se passe au sein des réunions, aux objectifs et à la façon dont ces objectifs sont poursuivis, plutôt qu’à l’endroit où ça se passe.

Lorsqu’on aborde le sujet du développement de groupe, les églises semblent être orientées soit vers la stratégie soit vers l'expérience organique (naturelle).

Lorsqu'on aborde le sujet du développement de groupe, les églises semblent être favorables soit à la stratégie soit à l'expérience organique. Si elles comptent sur la stratégie, les églises risquent de tomber dans une routine, et si elles comptent sur l'expérience naturelle, il se peut qu'elles ne fassent jamais rien. On peut proposer une troisième catégorie : une culture de communauté mise en place stratégiquement. Parfois, le terme “organique” est utilisé pour décrire une chose qui arrive sans intention préalable. C'est une erreur de croire que quelque chose arrive juste parce que ça arrive. Les expériences organiques proviennent en fait de la culture et de l’éthique qui sont développées dans l'église. Étant donné que la plupart des gens qui viennent à l'église sont pris au piège par un état d’esprit individualiste, les groupes ne sont par leur priorité. La plupart des pasteurs surestiment la volonté ou le désir qu'ont les gens de se lancer dans une telle expérience. 

Il faut créer des systèmes qui conduiraient les gens à quitter leur état de spectateurs passifs pour qu’ils deviennent des participants actifs dans la vie en groupes. Il est important d’avoir un système qui permet de savoir où se situent les gens dans l’intégration.

Il existe plusieurs programmes d'ordinateurs conçus pour aider les églises à situer des personnes en fonction de leur cheminement. Ces programmes permettent d’abord de suivre les nouveaux venus, puis ceux qui viennent pour la deuxième fois. Ils permettent aussi de vérifier si ces personnes ont été mises en contact avec quelqu'un, etc. Cela dit, l’objectif est de les orienter vers un groupe.

Pour mettre en place une telle culture, il faut plus qu’un pasteur disant : « OK, tout le monde se met en petits groupes ». Les gens ne vont pas changer leurs habitudes simplement parce que le pasteur donne une série de messages sur la communauté ou qu'il accroche un diagramme sur le mur. La croyance, renforcée par la stratégie et la culture, c’est ce qui conduit les gens vers la communauté.

La communauté, ce n’est pas seulement une réunion de deux heures le lundi ou le mardi soir ; c’est tous les jours.

Nous avons demandé aux gens pour quelle raison ils ont quitté leur groupe. Nous en avons rencontrés beaucoup qui disaient être disposés à revenir dans un groupe, mais ils voulaient plus qu'une simple étude hebdomadaire. Cela révèle que leur dernier groupe ne répondait pas à leurs attentes. Ils désiraient plus qu'une étude. Pourtant, c’est la seule chose qu’ils recevaient. C’est pour cette raison que durant ces 20 dernières années, certains responsables de groupe ont mis l'accent sur l'importance des relations et celle d’avoir des bergers. Les gens qui bâtissent la vie ensemble ne vont pas simplement retrouver leur groupe une fois par semaine mais ils restent en contact pendant la semaine. Ils vont au cinéma et s’invitent à manger le soir. La réunion de groupe est juste une de leurs activités. Ils partagent également les choses de la vie et s'attaquent à des questions difficiles.

La réunion de groupe est simplement le moment où ils se réunissent. Ils sont actifs dans la vie de groupe pendant toute la semaine. La communauté, ce n’est pas seulement une réunion de deux heures le lundi ou le mardi soir ; c’est tous les jours.

A Grace Church, l'église où je suis pasteur, chaque mois, les groupes utilisent le système 1-4-1 :

1 Activité sociale (une fois par mois)

4 Réunions de groupes (4 fois par mois)

1 Action dans le service (1 fois par mois)

C'est le genre de groupe que nous avons envie de voir dans les églises. Si les gens n’expérimentent pas ce type de connexion, ils se trompent eux-mêmes avec une vision erronée de la communauté. S’ils ne font qu’aller à l'église et assister au spectacle, assis en rangs, regardant devant eux comme des automates sans intelligence, ils passent à côté de la communauté. En conséquence, ils n'expérimentent pas la croissance spirituelle que Dieu a prévue pour eux. La recherche nous montre que les gens veulent des relations et qu'ils ne les obtiennent pas.

Version originale - 28 février 2014 – Edstetzer.com

Traduit par l'équipe du blog