Comment, d’après Matthieu 28, fait-on des disciples ? - Roland Frauli

16 Jul 2015

Dans l’énoncé de ce qu’on appelle le « grand mandat », ou le « mandat missionnaire[1] », le verbe actif est « faites des disciples ». C’est le cœur de l’ordre de Jésus : des personnes qui deviennent des apprentis sous la direction de Jésus, le Maître. Cela implique toute une dynamique, à commencer par le recrutement, c'est-à-dire l’évangélisation. En fait, le but de l’évangélisation n’est pas juste de faire des convertis ou des adeptes, mais de présenter la bonne nouvelle du salut en Jésus-Christ à des personnes en vue de leur apprentissage de la vie chrétienne. Avec ce but en tête, il se peut que l’évangélisation prenne déjà certains accents !

Il n’est pas question de faire cet apprentissage tout seul. Il se fait en compagnie d’autres apprentis, dans une communauté qui appartient à Jésus-Christ. Son but est de construire l’Église à travers les siècles[2]. Les apprentis plus avancés encouragent les plus jeunes par leur exemple et leur accompagnement. Et les plus jeunes ? Ils encouragent les aînés par leur fraîcheur, leurs questions, leurs progrès… Ou, pour dire les choses autrement, fondamentalement ce sont les disciples qui forment les disciples. Ce ne sont pas les livres, les sermons, les méthodes, même si tout cela est bien utile, bien-sûr.

Cet ordre est encadré par trois participes. Le premier, « allant » implique lui aussi une dynamique : le fait d’être en route, sur un chemin. L’image de la marche est souvent utilisée pour symboliser la vie avec Dieu dans le quotidien[3]. Faire des disciples « en allant », signifie probablement que ce n’est pas une activité ponctuelle, mais que c’est toute la vie, dans toutes ses facettes, qui est concernée. Faire des disciples, devenir disciple, n’est pas seulement le contenu de certaines rencontres, mais un style de vie qui est profondément impacté, réorienté, avec le souci d’encourager d’autres disciples.

Le deuxième participe, « les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » indique le premier pas d’obéissance à faire : s’identifier publiquement à Christ dans sa mort et sa résurrection, mais aussi se reconnaître comme membre de sa communauté[4]. Cette prise de position est la manifestation concrète du changement de vie qui commence à s’opérer. Le disciple en formation commence à comprendre qu’il ne vit plus pour lui-même (comme tous les autres disciples qui continuent à l’apprendre !), mais pour celui qui par amour l’a sauvé d’une perdition éternelle. Ce pas d’obéissance sera suivi par bien d’autres ! L’apprentissage est celui de l’obéissance au Maître.

Le troisième participe « leur enseignant à garder tout ce que je vous ai prescris », indique le fondement de cet apprentissage : la parole du Maître, telle que ses témoins l’ont rapportée et transcrite. Il va s’entraîner à la lire, la méditer, l’étudier, dans le but d’apprendre de plus en plus à réfléchir bibliquement. Cette parole concerne autant le caractère qui est impacté, que les compétences qui sont orientées, que la connaissance de Dieu et de son projet pour les humains.

Qui est suffisant pour ces choses ? Remarquons que le mandat est entouré d’une affirmation forte de Jésus : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre », et d’une promesse : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Les disciples qui sont attelés à la tâche, parfois ingrate mais toujours passionnante de former des disciples, peuvent compter sur la présence du Seigneur lui-même et la force qu’il donne dans la communion avec lui.

Roland Frauli
Source : FPC Infos 93



[1] Matthieu 28 : 16-20.

[2] Matthieu 16 : 18.

[3] Voir par exemple Éphésiens 4 à 6.

[4] 1 Corinthiens 12 : 13.