Accompagner pour devenir disciples : joies et difficultés – Daniel Corones (Partie 1/2)

12 Feb 2015

Je n'aime pas assez ! Seigneur, donne-moi la force d'aimer et d'aimer encore, même si certains objectifs que je me fixe semblent ne pas aboutir. J'avoue que parfois je suis découragé, surtout lorsqu'une une personne semble manquer d'enthousiasme, de constance, de résolution. Je suis triste lorsqu'au premier abord, une personne semble ne pas avancer, retomber dans ses travers... Dans ce cas de figure très fréquent dans l'évangélisation, j'évite de mettre les personnes dans des boîtes car j'ai la conviction que c'est un péché de croire que Dieu a tiré un trait sur la vie de quelqu'un. Chacun avance à son rythme et il est hors de question pour moi d'attendre une élite.

Le terme disciple signifie "apprendre d'une autre personne".

Quel intérêt d'apprendre d'une autre personne ?

Si tu as choisi d'apprendre le métier de maçon, tu devras apprendre aux côtés d'un maçon réputé pour la qualité de ses constructions. Si tu veux devenir un bon musicien, il te faudra trouver un bon professeur qui a fait ses preuves. Un bon philosophe... un professeur qui a de la réflexion, qui sait décortiquer les idées, les doctrines, les pensées, les sciences... et surtout, qui sait les exposer aux autres. Si tu as l'intention de devenir un bon théologien, tu devras faire le choix d'une Faculté de théologie, réputée pour la qualité de ses enseignants.

Quelque soit le domaine de compétence que tu choisis, tu dois non seulement t'entourer des bons professeurs, mais aussi apprendre leurs langages spécifiques, les dictionnaires de mots qui correspondent à chacune de leurs pratiques.

En quoi le disciple de Jésus apprend de la vie de Jésus ?
En quoi suis-je, à mon niveau, un exemple de la vie de Jésus ?

Les disciples de Jésus ne sont pas des apprentis maçon, des étudiants en Philosophie, ni des étudiants en théologie. Ils n'apprennent pas des idées, des concepts, des doctrines, des sciences et des jeux intellectuels... Ils n'étudient pas non plus des lois (il faut, tu dois, il n'y a qu'à)... parce que dans toutes ces choses, certes intéressantes d'un point de vue manuel, culturel et intellectuel, on se fiche du mode de vie du professeur.

L'Évangile selon Jean commence ainsi : (Jn 1:1) "Au commencement, la Parole existait déjà. La Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu ... / ... (v.14) Et la Parole s'est faite homme, elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité..."

L'Évangile de Jean affirme que La Parole s'est faite homme (chair). C'est à dire que La Parole de Dieu n'est pas une doctrine, ni un discours, ni une exposition de vérités théologiques... même si derrière le fait que Dieu se soit fait homme, on peut développer de grands principes théologiques.

La Parole de Dieu, c'est la vie de Jésus. C'est à dire tout ce qu'il a été et fait sur cette terre, dans la faiblesse de la chair, du corps et de l'être humain en général.

Jésus s'est donc servi du corps humain, de l'espace & du temps humain. Il s'est servi des situations, des circonstances humaines pour exprimer les valeurs du Royaume auquel il appartient. Il a vécu ici-bas en pratiquant les valeurs d'un Royaume qui, depuis la création, est entrain de se former. Jésus était non seulement LE représentant ultime de ce Royaume, mais par Lui, ce Royaume s'est approché des hommes.

Par conséquent, les disciples n'ont pu faire autrement que d'observer, entendre et accompagner Jésus. Ils n'ont pu faire autrement que de découvrir la façon d'agir de Jésus, de chercher ce que cherchait Jésus, d'être interpellés par ses gestes, par les mots qu'il prononçait dans les circonstances auxquelles il était confronté. Ils étaient présents et ils voyaient !

À suivre...

Daniel CORONES – permanent à France Evangélisation